Consentement et « viol » a posteriori

Janv 29
Consentement et « viol » a posteriori 29 Janvier 2022 Larry

Chaque fois que je me dis qu'il n'est pas possible de creuser plus profond dans la STUPIDITÉ, j'arrive à trouver des gens qui n'ont pas renoncé à creuser...

Je passerai rapido sur le texte que j'ai lu tout à l'heure : un témoignage d'une travailleuse du sexe qui passait presque tout l'article à taper -violemment- sur les hommes hétéros cisgenres, accusés de TOUS les maux, et de tous les viols (surtout, ne parlons pas des viols commis par les femmes sur des hommes, ou dans les couples de gays/lesbiennes). En plus de ne pas savoir de quoi elle parlait, elle avait une mauvaise attitude TOXIQUE rare et perturbante. Une chose est sûre, ce ne sont pas des gens comme elle, qui disent n'importe quoi et propagent des stéréotypes nocifs, qui vont faire avancer les choses ! Pour résoudre un problème, il faut d'abord le COMPRENDRE, pas sortir mille idées fausses bidons et insultantes...

Bref.

Ce dont je voulais parler ici, c'est d'un article sur lequel je suis tombé juste après, qui m'a stupéfait !

On y trouve un résumé de l'histoire, avec des captures d'écran de Tweets (aujourd'hui effacés pour la plupart) :

Ce qu'on lit dans ces Tweets est tout simplement HALLUCINANT !

Une fille explique qu'elle avait couché avec un gars (relation consensuelle), mais finalement, plus tard elle avait regretté d'avoir couché avec lui. Rien de bien extraordinaire, ça peut arriver à tout le monde (H/F), surtout quand c'est après une soirée. Le cas le plus commun, je pense, c'est l'engueulade le lendemain matin qui coupe direct la relation...

MAIS, là où l'échange de Tweets devient FOU, c'est quand une autre fille répond que si elle regrette avoir couché, alors c'est un viol. Son raisonnement ? Si elle a changé d'avis, alors c'est que le consentement n'était pas un consentement à 100 % (donc ça devient un viol).

QUOI ?

C'est DINGUE !

Dans quel univers délirant vit-elle ?

Comment peut-on être si STUPIDE ? Parce que là, c'est de la totale stupidité ! Sans aucune excuse. D'autant plus que la première fille reprécise ensuite que NON, ce n'était pas un viol, mais l'autre continue d'insister.

Une accusation de viol, ça n'est PAS ANODIN !

Cette façon de penser, en dehors du fait que c'est FOU, n'est malheureusement pas si rare. Aux USA, dans les campus, il y a eu pas mal d'histoires de ce genre : un couple rentre d'une soirée, couche, et se dispute le lendemain matin, ce qui soudain devient « un viol » et la fille porte plainte (en sachant parfaitement que c'est un mensonge)... D'après ce que j'avais lu, c'était devenu un problème sérieux à certains endroits, au point que l'attitude envers les plaintes avait fortement changé, rendant bien plus difficile de se faire entendre dans les VRAIS cas de viols...

Je trouve ce genre de choses effrayantes.

À la fois parce que je ne comprends PAS comment on peut être stupide à ce point, mais aussi à cause des conséquences et ramifications d'une telle façon de penser.

Les problèmes de consentement, de relations et tout, c'est déjà assez difficile comme ça, inutile d'en rajouter avec de tels délires MALFAISANTS !

Je n'en reviens toujours pas...

Pourquoi les problèmes de communication rendent le consentement si important

Janv 22
Pourquoi les problèmes de communication rendent le consentement si important 22 Janvier 2021 Larry

Nous avons déjà discuté dans notre article « BDSM & consentement : le Pourquoi d'une Obsession » des raisons pour lequelles le consentement est si fortement mis en avant dans le BDSM. Principalement, pour se défendre préemptivement contre les accusations d'abus.

Mais la notion de consentement ne s'arrête pas là, et n'est pas -évidemment- limitée aux pratiques BDSM.

Pourquoi parle-t-on tant de consentement de nos jours ?

La réponse est plutôt évidente : parce qu'avant, jusqu'à très récemment, le consentement dans les relations était bien souvent ignoré et certainement pas explicité. D'ailleurs, de façon générale, le sexe était peu (souvent pas du tout) discuté. Nous pouvons remercier pour ça des siècles de pesanteur sociale (et religieuse) qui en rendant le sujet tabou ont créé des siècles de frustration et de misère dans les relations humaines (bravo !).

Discuter -enfin- du consentement semble donc être une bonne chose. Du moins, a priori...

Mais, nous posons une opinion qui va peut-être vous surprendre : nous ne pensons pas que le problème soit le consentement. Selon nous, le vrai problème, c'est le manque de communication, d'échange, et attention, là nous parlons bien de vraie communication : sans tabous, sans sujets abordés à demi-mots, sans sous-entendus. Bref, nous voulons bien parler d'une vraie communication transparente, explicite et complète. Évidemment, pour que ce soit possible, ça demande aussi de se débarrasser des tabous sur le sexe (et des stéréotypes de genre) au niveau de la société, et ça, c'est pas gagné.

➜ En effet, si la communication sur les relations et le sexe était réellement ouverte et sincère, on n'aurait plus réellement besoin de parler de consentement (et d'insister dessus), parce que celui-ci serait déjà géré par la discussion !

Vu ce que nous voyons un peu partout, ce n'est pas demain que nous aurons ce genre de choses, donc l'insistance sur le consentement, à défaut de pouvoir traiter les VRAIS problèmes de fond, persistera longtemps.

Le consentement c'est bien, mais il ne faut pas exagérer non plus !

Mai 05
Le consentement c'est bien, mais il ne faut pas exagérer non plus ! 05 Mai 2020 Larry

Vous serez probablement d'accord avec nous que le consentement est vital, surtout en matière de BDSM.

De nos jours, nous pouvons dire que ça va de soi, au moins dans le « milieu » BDSM.

Bien sûr, le BDSM reste encore relativement tabou et très incompris comme les mythes et préjugés persistants nous le montrent tous les jours.

Défense proactive

Cette incompréhension est une des raisons majeures pour lesquelles les personnes faisant du BDSM insistent lourdement sur ce point : afin d'être bien clairs vis-à-vis des personnes ne connaissant pas le BDSM et qui sont promptes à imaginer toutes sortes d'absurdités du style « inquisition ». Bref c'est une défense proactive pour essayer de minimiser les attaques.

Comme nous l'avons montré dans une micro-étude sur le nombre de mots liés au consentement dans les articles de Wikipedia, le BDSM est le domaine dans lequel on insiste le plus (de loin !) sur le consentement.

Mais il ne faut pas exagérer à l'absurde non plus !

Interviews

Si vous avez vu des vidéos de certains studios BDSM, vous avez pu voir que, depuis pas mal d'années déjà, la vidéo se termine par une interview de la soumise qui a figuré dans la vidéo. L'idée étant évidemment, de montrer que non, on ne torture pas des jeunes femmes enlevées dans la rue, ou autre délires du même genre.

Nous comprenons leur idée : ils ajoutent ce segment pour combattre proactivement les accusations d'abus.

Vous pourrez objecter qu'il s'agit d'actrices, donc tout ce qu'elles disent peut être 100% bidon, comme pour les interviews de pornstars qui mentent de façon transparente (on ne crache pas dans sa soupe).

Mais il est probable que ça puisse les aider en cas d'attaque : ils peuvent montrer ces interviews pour appuyer leur argument qu'il ne s'agit que d'une vidéo et que la « victime » n'en est pas une, elle est consentante et sait comment ça se passe dans ce type de vidéos.

Excès

Mais jusqu'à présent nous parlions d'interviews : avec des personnes réelles.

Nous voulons maintenant faire ici référence à un autre phénomène (similaire) que nous avons remarqué il y a plusieurs années et que nous venons de retrouver lors de recherches pour un article sur les bandes dessinées à thème BDSM (qui pose un problème de copyright, voir notre article précédent).

Nous trouvons des ouvrages BDSM dans lesquelles à la fin de l'album ils ajoutent aussi une interview (dessinée bien sûr) dans laquelle on voit les « victimes » discuter avec le (ou les) « méchant » de l'histoire et rire ou dire qu'elles ont adoré la séance de torture, leur enlêvement, etc.

Est-il nécessaire de rappeler que les BD contiennent en général des choses bien plus violentes (parfois extrêmes) que ce que montrent au bas mot 99% des vidéos BDSM ?

L'éditeur dont nous parlons est DoFantasy.

Si vous ne connaissez pas DoFantasy, ils publient des centaines de BDs, créées par divers auteurs, à thème BDSM (enlêvements, viols, esclavage, tortures, etc.). Ces BDs sont généralement hard, certaines (une minorité) sont si extrêmes qu'elles dépassent de très loin les limites que la majorité des gens peuvent avoir.

Vous pourrez voir un exemple général sur leur site : http://www.dofantasy.com/es/DISCLAIMER.htm

Dans cette page, ils présentent, sous forme de BD évidemment, un dialogue destiné aux lecteurs/lectrices. Dans la page, plusieurs des « actrices » (appelées « toon ») discutent de leurs « aventures » dessinées et comment elles ont eu « 20 orgasmes » et autres.

Nous vous suggérons de lire cette page (en anglais) par vous-même pour vous rendre compte.

Nous pensons que c'est embarrassant. Sérieusement...

On parle de personnages dessinés !

C'est ridicule de leur faire dire ce qu'ils leur font dire dans cette mini-BD, ça sonne faux !

Franchement, nous espérons que cette absurdité ne va pas se répandre. Nous espérons aussi qu'il n'y a pas des gens pour prendre au sérieux ce genre de choses, voire demander à ce que toutes les bandes dessinées BDSM incluent de tels avertissements.

Ce que nous trouvons inquiétant, c'est que nous vivons dans un monde où des gens ont pensé que de telles stupidités peuvent être importantes pour se protéger. C'est effrayant !