Le BDSM n'est PAS illégal !

Janv 28
Le BDSM n'est PAS illégal ! 28 Janvier 2021 Larry

Les mots, ça compte !

Nous nous plaignons souvent, très souvent, et à juste titre (malheureusement) des problèmes que nous voyons dans les articles ou études (présumés sérieux) sur le BDSM.

Nous lisons aussi trop souvent des articles écrits par des avocat-e-s qui disent absolument n'importe quoi.

Nos recherches récentes nous ont -encore- ramené une moisson horrible d'articles bourrés de mythes, préjugés et aberrations totalement démentes, sur le BDSM, mais aussi la pornographie (BDSM et non BDSM). C'est déprimant... Nous en évoquerons plusieurs dans d'autres entrées de ce blog.

Parmi ces « perles » suant l'ignorance et la mauvaise attitude, nous avons à nouveau trouvé des articles qui vous expliquent que « le BDSM est illégal ». En plus, leur ton est souvent aggressif, bourré de jugements de valeurs qui sont totalement à côté de la plaque, donneur de leçon, et très dogmatiques.

Soyons bien clairs, une fois pour toutes : NON, le BDSM n'est PAS illégal !

Ce dont parlent ces articles, ce n'est pas du BDSM, ils parlent de certaines pratiques (un petit sous-ensemble), ayant des caractéristiques bien précises du BDSM, ou plus précisement du SM (sadomasochisme). Ce n'est pas la même chose ! Les mots, ça compte ! On ne peut pas condamner un groupe entier de personnes pour les pratiques d'une minorité (nous ne discuterons pas du problème de l'absurdité de ces jugements).

Non, faire du pet-play, ou même des cordes, ou encore des fessées légères, (toutes des pratiques incluses dans le BDSM) ça n'est PAS illégal ! Tous ces articles parlent de choses qui sont décrites -explicitement !- comme étant des pratiques qui laissent des marques (ou qui sont très risquées), mais tout ça, c'est une minorité des pratiques constituant le BDSM et même le SM.

➜ Combien de fois faudra-t-il expliquer que BDSM n'est pas SM et que le SM est un continuum ? Une petite fessée le samedi soir, ce n'est pas pareil qu'une séance de SM hard où on donne 200 coups de fouets laissant des marques pour plusieurs semaines !

Nous passerons rapidement sur le fait que certaines personnes marquent même pour des coups très légers et d'autres au contraire, marquent à peine. Nous n'insisterons pas non plus sur le fait qu'il existe plein de méthodes dans le SM qui ne laissent pas de traces (l'eStim par exemple).

C'est un GROS problème de voir ça, parce que ces articles ont un vrai impact sur les personnes qui ne connaissent pas le BDSM (ça renforce les stéréotypes négatifs) et même sur le système judiciaire !

Pourquoi les problèmes de communication rendent le consentement si important

Janv 22
Pourquoi les problèmes de communication rendent le consentement si important 22 Janvier 2021 Larry

Nous avons déjà discuté dans notre article « BDSM & consentement : le Pourquoi d'une Obsession » des raisons pour lequelles le consentement est si fortement mis en avant dans le BDSM. Principalement, pour se défendre préemptivement contre les accusations d'abus.

Mais la notion de consentement ne s'arrête pas là, et n'est pas -évidemment- limitée aux pratiques BDSM.

Pourquoi parle-t-on tant de consentement de nos jours ?

La réponse est plutôt évidente : parce qu'avant, jusqu'à très récemment, le consentement dans les relations était bien souvent ignoré et certainement pas explicité. D'ailleurs, de façon générale, le sexe était peu (souvent pas du tout) discuté. Nous pouvons remercier pour ça des siècles de pesanteur sociale (et religieuse) qui en rendant le sujet tabou ont créé des siècles de frustration et de misère dans les relations humaines (bravo !).

Discuter -enfin- du consentement semble donc être une bonne chose. Du moins, a priori...

Mais, nous posons une opinion qui va peut-être vous surprendre : nous ne pensons pas que le problème soit le consentement. Selon nous, le vrai problème, c'est le manque de communication, d'échange, et attention, là nous parlons bien de vraie communication : sans tabous, sans sujets abordés à demi-mots, sans sous-entendus. Bref, nous voulons bien parler d'une vraie communication transparente, explicite et complète. Évidemment, pour que ce soit possible, ça demande aussi de se débarrasser des tabous sur le sexe (et des stéréotypes de genre) au niveau de la société, et ça, c'est pas gagné.

➜ En effet, si la communication sur les relations et le sexe était réellement ouverte et sincère, on n'aurait plus réellement besoin de parler de consentement (et d'insister dessus), parce que celui-ci serait déjà géré par la discussion !

Vu ce que nous voyons un peu partout, ce n'est pas demain que nous aurons ce genre de choses, donc l'insistance sur le consentement, à défaut de pouvoir traiter les VRAIS problèmes de fond, persistera longtemps.

Attention à la différence entre le discours (fantasmes) et les pratiques réelles

Nov 03
Attention à la différence entre le discours (fantasmes) et les pratiques réelles 03 Novembre 2020 Larry

Nous avons déjà parlé dans un article précédent (BDSM : attention aux différences d'attentes) du problème des attentes différentes entre partenaires.

Dans cet article, nous voulons parler d'un autre problème, relié au précédent : il faut faire attention à ne pas mal interpréter ce que dit la personne en face.

Vous pouvez tomber sur des personnes qui parlent beaucoup mais ne pratiquent guère (ou pas) leurs fantasmes. C'est bien connu (et il n'y a pas de mal à ça). Mais il existe un cas opposé : les personnes qui ont des pratiques qui vous sembleront ne pas pouvoir être plus que des fantasmes, alors que c'est la réalité !

Voyez notre visuel pour une illustration du problème...

Beaucoup de personnes qui débutent ne perçoivent pas (de façon naturelle) ce qui peut être vrai et ce qui est faux ou exagéré, et visiblement beaucoup ont du mal à admettre que certaines pratiques existent réellement... Voyez notre article « films SM : truqués ou non ? » pour une illustration.

Le problème et c'est un vrai danger, est qu'il faut être très prudent et ne pas interpréter ou tirer de conclusions trop rapides de ce que disent les personnes que vous rencontrez. Tel dominant-e qui parle de pratiques extrêmes, peut parfaitement être 100% sérieux, un malentendu, penser qu'il exagère et ne veut pas vraiment faire ce qu'il dit, peut avoir de terribles conséquences en cas de rendez-vous... Idem pour un-e personne soumis-e, mais là, le risque est nettement plus faible.

Communiquez, posez des questions : ne faites surtout pas l'erreur vouloir interpréter, lire entre les lignes !

Le problème avec les vidéos de « présentation » du BDSM...

Sept 14
Le problème avec les vidéos de « présentation » du BDSM... 14 Septembre 2020 Larry

Suite à un fil de discussion sur le site BDSM FetLife, nous sommes allé voir diverses vidéos supposées présenter le BDSM aux curieux/curieuses ou aux débutant-e-s.

Une fois de plus, ça nous a consterné !

Nous en connaissions déjà une, que nous avions jugée nulle, quand nous l'avions vue, et même pire que ça : l'auteur y parle du BDSM de la pire façon possible, en en faisant des tonnes et en présentant le BDSM comme mystérieux, avec des discours élitistes qui ne représentent en rien le BDSM tel qu'il est réellement pratiqué, et qui ne donnait certainement pas envie d'en faire, mais par contre renforce l'idée de « malades mentaux » ! Bravo !

Mais c'est de la dernière, la troisième, que nous voulons parler ici...

C'est (comme souvent) une vidéo faite au Québec et elle présente le BDSM d'une façon très biaisée, caricaturale par certains aspects...

Le plus gros problème (en plus des préjugés bizarres d'un homme interviewé) étant que son créateur a fait appel à une « experte » supposée en sexualité : une sexologue. Quand nous avons entendu ses premières explications (sur l'histoire du BDSM), nous avons été surpris, mais la suite... Là, ce n'était plus de la surprise, c'était à bondir ! Et attention, nous ne parlons pas juste d'un problème de simplification exagérée (dûe aux contraintes d'une brève vidéo). Non, non, là nous parlons de grossières erreurs, flagrantes !

Il est évident qu'elle ne sait pas de quoi elle parle ! C'est absolument effrayant, surtout quand on sait qu'elle reçoit en consultation des clients qui abordent le sujet du BDSM.

Nous sommes ici dans le cas typique, que nous avons déjà souvent rencontré, des professionnel-le-s qui ont leur conception du BDSM, et qui tombent à fond dans les mythes et  préjugés (toxiques).

Du coup, nous nous sommes renseignés sur elle. Et nous n'avons pas été déçus ! Nous avons retrouvé notamment une présentation des paraphilies qu'elle avait faite. Consternant ! Exactement comme nous nous y attendions : elle y présentait les classiques délires psychiatriques/psychanalytiques et y démontrait un manque total de recul et de réelle compréhension du sujet, notamment que le BDSM est en réalité très répandu..

Il nous faudrait des pages entières pour répondre à ses élucubrations et remettre les choses à leur place !

Nous savons que ce genre de vidéo part d'un bon sentiment. Mais si le résultat final va à l'envers de l'objectif, faute de savoir présenter les choses, et -surtout- de choisir les bons intervenants ou bonnes intervenantes, c'est un problème !

Attention, parler n'est pas communiquer !

Août 02
Attention, parler n'est pas communiquer ! 02 Août 2020 Larry

Un des plus gros problèmes que vous pouvez rencontrer dans le BDSM est le malentendu : généralement dû à un problème de communication. Et un malentendu peut aisément déraper en drame.

Pourtant tout le monde parle toujours, très haut et très fort, de l'importance de la communication dans les couples (BDSM ou non).

Oui, c'est très bien de dire ça, mais l'appliquer, c'est mieux ! Parce que vu le nombre de problèmes, il est clair que les bonnes intentions restent bien souvent au stade d'intentions...

Un des points critiques, qui nous semble être trop rarement évoqué, est que beaucoup de personnes confondent parler et communiquer. Mais ce n'est pas du tout la même chose !

On peut parler pendant des heures pour ne rien dire, ou ne pas avancer sur un sujet (comme le consentement dans le BDSM, par exemple). Vous avez certainement vu, ou en avez au minimum entendu parler, le problème de la « réunionite » dans une société ou une administration : des heures entières passées en réunion pour au final ne rien décider ou ne pas avancer, ce qui justifie la prochaine réunion inutile...

Passer 4 heures en réunion d'une dizaine de personnes pour au final ne pas se décider pour le choix de la couleur d'une icone du site internet, ce n'est pas vraiment constructif. (Une anecdote véridique.)

Dans le BDSM, nous rencontrons le même problème. Parler est facile, communiquer, se comprendre mutuellement, c'est bien plus dur, surtout quand on aborde des sujets intimes et parfois difficiles et délicats. S'y rajoutent les problèmes de stéréotypes et préjugés sur la sexualité, les couples, etc. Au final, ce n'est pas facile !

Pourtant, c'est un problème vital.

Alors, quelles solutions ? Pas facile de répondre, ça dépend des situations, du contexte. Mais une chose est sûre : il faut absolument prendre le taureau par les cornes, ne pas éviter le véritable sujet en parlant qui en réalité sont des choses superficielles.

50 posts !

Juin 29
50 posts ! 29 Juin 2020 Larry

Wouah !  Déjà 50 posts sur ce blog !

MàJ : il n'y a plus 50 articles, suite à la suppression de ce Blog sur Overblog, nous n'avons pas recopié les premiers (trop basiques).

Notre précédent post (L'inconvénient d'un BDSM « anglophone » ) était le 50e de ce blog.

Nous avons ouvert ce blog le 7 avril 2020. En presque 12 semaines, nous avons donc déjà écrit à moitié autant d'articles que sur notre site principal. Il faut bien sûr prendre en compte que la taille, profondeur, et temps de recherche ne sont pas du tout les mêmes...

Pour l'instant, nous n'avons que très peu de visites ici (à peine une ou 2 par jour, et ça inclut les moteurs de recherche). Le site principal est bien plus ancien (3 ans 3 mois), et beaucoup mieux référencé, c'est sans comparaison.

Par contre, après des débuts difficiles, ce blog est référencé dans Google et a radicalement augmenté notre nombre de liens (multiplié par 12 !). Comme nous l'avions expliqué, le problème de visibilité de notre site principal vient principalement du fait que les liens vers notre site sont invisibles aux moteurs de recherche : soit sur des sites inaccessibles comme le site BDSM FetLife, soit des sites qui ne sont pas pris en compte par Google.

De façon intéressante, notre autre blog, sur Blogspot, qui est surtout consacré à des histoires sur FetLife, est nettement moins vu par Google. Pourquoi ? Mystère.

En tout cas, nous pouvons dire que Overblog est le meilleur de ceux que nous avons vus jusqu'à présent. Les autres ont des interfaces qui sont nettement moins pratiques ! Nous sommes plus productifs avec celui-ci...

Vivement le 100e post

L'inconvénient d'un BDSM « anglophone »

Juin 28
L'inconvénient d'un BDSM « anglophone » 28 Juin 2020 Larry

Nous ne vous apprendrons rien si nous faisons la remarque que les informations sur le BDSM, les forums, les sites sont principalement anglophones.

Ce n'est pas surprenant : l'anglais permet de communiquer même entre pays européens non anglophones, quand aux moyens de communication (internet), ils sont bien plus utilisés par les anglais-es et surtout les américain-e-s (qui sont nombreux).

Mais voilà, le problème c'est que tout le monde ne maîtrise pas l'anglais...

Si vous êtes bilingue, comme l'auteur, ce n'est pas une barrière. Mais peu nombreuses sont les personnes en France à l'être... Et l'enseignement des langues en France est notoirement médiocre (pour rester gentil !).

C'est une barrière non négligeable aux non anglophones. Prenons le site BDSM FetLife : il est totalement en anglais ! Il n'y a aucune autre langue pour l'interface. Si vous n'avez pas un niveau minimal, enfin, plus que ça même, il est très difficile de s'en servir.

C'est un problème pour l'accès aux études sur le BDSM, qui sont rédigées en anglais en majorité, même quand les auteur-e-s ne sont pas d'origine anglophone ! Quand aux livres, articles et autres, il faut souvent un bon niveau d'anglais pour y accèder.

C'est vraiment problématique, car du coup, si vous ne parlez pas (ou peu) anglais, vous avez accès à beaucoup d'informations, et elles sont toujours de seconde main (ou plus).

Prenons l'exemple du SSC (la philosophies du BDSM), son auteur avait même refusé qu'on traduise son texte de présentation ! Alors, comment faire si vous ne lisez pas l'anglais ? Il s'agit là d'un texte utilisé si souvent (et déformé) qu'il paraît vital de pouvoir lire sa source, mais là, impossible ! C'est fou !

Devrons-nous conseiller aux personnes qui veulent faire du BDSM d'apprendre l'anglais en pré-requis ? (LOL)

Plaisanterie à part, c'est là un vrai problème. Et le cas du SSC en est l'exemple le plus criant que nous connaissions. Mais il y en a bien d'autres...

Première main, deuxième main, troisième main... Le problème des infos BDSM

Juin 28
Première main, deuxième main, troisième main... Le problème des infos BDSM 28 Juin 2020 Larry

En parcourant un fil de discussion des forums Doctissimo (que nous déconseillons vraiment, surtout après avoir lu les contributions du fil en question), nous sommes retombés sur des (énième) discussions sur les pratiques BDSM dont les philosophies du BDSM (SSC, RACK, et autres).

Cette lecture nous a rappelé un des problèmes majeurs du BDSM : la plupart des personnes qui commentent n'ont aucune idée de ce dont on parle, n'ont jamais lu la source du sujet, et basent leurs arguments sur des infos de seconde, troisième -ou plus- main.

C'est un « léger » problème quand on parle de textes du genre SSC, surtout que comme nous l'avons souligné dans notre article sur les philosophies du BDSM, la presque totalité des personnes qui en discutent disent des choses qui sont totalement différentes, parfois opposées, à l'intention originelle de l'auteur !

Bon, nous savons que ce problème n'est pas spécifique au BDSM, il est évident qu'il est impossible de lire ou étudier les sources de tout, même juste des sujets qui nous concernent directement, parce qu'il y a trop d'informations. L'époque où il était possible (soi-disant) d'avoir acquis la totalité des connaissances humaines est bien loin derrière nous. Si nous ne prenons que l'informatique (domaine de l'auteur), il est impossible de suivre tout ce qui se passe, les recherches vont si vite, il y a tellement de contributions, même en se restreignant à un sous-domaine, c'est mission impossible...

Le BDSM étant le parent pauvre des études sur la sexualité, la quantité de documents existants reste gérable, si on a le temps, mais soyons réalistes : la majorité des gens n'auront pas envie, ni besoin, de lire tout ça...

Par contre, pour les quelques grandes idées qu'on trouve un peu partout, ça reste un problème que les infos propagées, qui sont à peu près toujours déformées, parfois énormément, l'emportent sur la source !

Quand on voit ce qui se dit sur le SSC notamment, il y a de quoi sursauter. D'ailleurs, ce n'est pas par hasard que son créateur a dénoncé ces dérives et même suggéré d'abandonner le concept...

Quand à résoudre le problème, ce n'est pas gagné : vu la quantité phénomènale de mythes et  préjugés toxiques et sans nuances que nous rencontrons dans le BDSM, il n'est pas facile d'encourager l'esprit critique et le simple bon sens ou de défendre la vérité...

Les articles d'introduction au BDSM font-ils plus de mal que de bien ?

Mai 20
Les articles d'introduction au BDSM font-ils plus de mal que de bien ? 20 Mai 2020 Larry

Voilà maintenant plus de 3 ans que nous avons créé notre site sur le BDSM.

En 3 ans, nous avons eu le temps de lire beaucoup de documents, de commentaires sur les forums et autres. Comme nous l'avons déjà écrit à plusieurs reprises, le niveau des études est généralement faible, et ce sont des écrits produits par des pros ! Les articles et commentaires sont le plus souvent bourrés de problèmes, de préjugés et même parfois d'erreur flagrantes.

Un type de document en particulier a attiré notre attention : les introductions au BDSM.

Nous avons trouvé des études qui commencent par une présentation du BDSM qui est tout à fait correcte, même si parfois on y trouve des raccourcis malheureux. Mais d'autres (que nous ne citerons pas, LOL) contiennent de sérieux délires dès le départ. Bon, nous pouvons le pardonner (dans ue certaine mesure) quand le document est écrit par des gens qui n'utilisent le BDSM que comme support ou illustration, pas comme sujet d'étude.

Par contre, la très grande majorité des articles d'introduction au BDSM que nous avons trouvés ont de sérieux problèmes. La plupart ont de bonnes intentions, bien sûr. Certains sont des articles visiblement écrits « rapido » par des journalistes en mal de copie (typiquement pour des magazines féminins ou masculins), le niveau s'en ressent évidemment mais nous n'espérions pas de miracle, ce ne sont pas des références. Le plus inquiétant, et problématique, est quand ces écrits sont présentés comme sérieux, comme écrits par des gens ayant des connaissance sur le sujet ou au moins en sexualité. Nous avons ainsi trouvé des textes écrits par des étudiant-e-s en sexologie qui contenaient des -grosses- erreurs, c'est embarrassant : eux n'ont pas les excuses des journalistes dont ce n'est pas le métier...

➜ Nous nous posons la question : est-ce que tous ces textes qui veulent présenter le BDSM au grand public, le démythifier, ne sont pas, au final, plus toxiques que bénéfiques ?

L'avantage -relatif- de ces articles est la propagation de nombreux articles aide à renforcer l'idée que le BDSM n'est pas si marginal, et n'est pas une maladie mentale.

Mais, la propagation de mythes, stéréotypes, préjugés et parfois d'erreurs est un problème sérieux. Comment peut-on distinguer le vrai du faux si on débute ?

Le pire est évidemment quand on parle de documents ayant une « aura » (les encyclopédies ou Wikipedia). Le cas de Wikipedia français est particulièrement critique : les articles en français présentent une vision totalement bizarre et biaisée du BDSM, rien à voir avec la réalité, c'est surprenant. Mais si vous ne connaissez pas déjà le BDSM, comment pourrez-vous détecter le problème ? Après tout, il n'y a pas de référence reconnue sur laquelle se rabattre...

Nous tendons à penser que ces articles font, généralement, plus de mal que de bien.

BDSM : attention aux différences d'attentes

Mai 14
BDSM : attention aux différences d'attentes 14 Mai 2020 Larry

Cet article fait suite à notre article « Il ne faut pas donner les mêmes conseils aux débutant-e-s et aux habitué-e-s ! ».

Cette fois, nous voulons parler d'un autre problème que nous avons vu lors de Munchs (et de soirées) : la différence de perception et d'attente, parfois très importante, entre les personnes.

Pour illustrer notre propos, voici une anecdote réelle dont nous avons été témoins, lors d'un Munch.

Parmi les nouveaux arrivants au Munch se trouvait un homme (la 40aine), complet débutant en BDSM, mais qui pensait être attiré par le côté « soumission » à une maîtresse. Et comme vous le savez certainement, il est difficile de trouver quelqu'un, surtout quand on débute. Justement, par un rare coup de chance, une maîtresse qui était présente au Munch lui a proposé de faire un essai et lui a donné des ordres à suivre.

Le problème, c'est qu'elle n'avait pas vraiment expliqué ce qu'elle attendait d'un soumis, elle a directement donné des instructions à suivre. Bien sûr, ça partait d'un bon sentiment ! Mais le débutant, lui, en était encore à un stade très superficiel : il n'avait pas le recul (et les fantasmes) nécessaires pour bien comprendre comment il était supposé agir.

Au final, la maîtresse, déçue, n'a pas prolongé l'essai, et nous l'avons entendue se plaindre (assez vigoureusement) du résultat décevant de son point de vue.

De notre point de vue, quelle que soit sa bonne volonté, elle aurait dû penser que tout le monde n'est pas à fond, comme elle, dans le BDSM. Et les attentes qui sont pour elles des évidences, ne le sont pas toujours (et même rarement) pour des personnes qui débutent complètement... Même quand on parle de gens qui ont déjà des notions, on n'a pas forcément non plus les mêmes conceptions...

Une autre anecdote s'est déroulée lors d'une grande soirée BDSM. Nous avons été témoins du comportement de femmes dominantes qui « jouaient » avec des homme soumis présents dans la soirée (autrement dit, ces personnes ne se connaissaient pas déjà). Nous avons été choqués du comportement de plusieurs d'entre elles. Elles ne tenaient aucun compte du contexte et des attentes peut-être bien différentes des personnes autour : elles étaient très agressives et même désagréables (à la limite de l'abus), pour ne pas dire plus. Ce genre de chose est OK si c'est pratiqué avec des gens qu'on connait, et qui attendent ce comportement. Mais avec de complets inconnus ? Et en plus, peut-être des novices ? Où est la communication là-dedans ?

Au moins, sur les sites de rencontres BDSM, les gens discutent (enfin, en principe !) de leurs conceptions, pratiques, goûts et attentes, histoire de minimiser les surprises et malentendus.

Quand on est en réel, il faut faire attention à ne pas négliger cette étape, ça pourra éviter des catastrophes, le cas échéant...